Kiai
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OFF

 

 

Pour « l’homme qui prenait sa femme pour un chapeau », décrit par le neuropsychiatre Oliver Sacks dans un livre éponyme recensant une série de pathologies étranges et inexpliquées, la femme est un objet comme un autre. Pour Cyrille Musy et Sylvain Décure, qui s’en sont librement inspirés, l’ouvrage et ses portraits d’êtres déplacés dans leur corps ou leur psyché, font surgir un vaste imaginaire poétique, qui n’est pas sans écho avec certains particularismes de la condition d’acrobate.

Quand la parole se dérobe, comment le langage du corps vient-il à la rescousse ? Avec Off, le duo met en scène une réalité décalée, où cinq personnages un peu paumés se confondent en pas de côté pour exprimer l’indicible. Une femme qui tente de discipliner les mille et un gestes qui lui échappent, ou passe sans transition du rire aux sanglots. Un type entretenant un rapport ambigu aux humains et objets, au point d’en ignorer souvent les premiers pour tenter de donner vie aux seconds. Ou encore un grand gosse lunaire, capable d’hurler de rire lorsqu’il se trouve projeté contre une armoire en métal. Autour d’un trampoline circulaire exploité à rebours des conventions ordinaires, la compagnie Kiaï réunit une contorsionniste, un danseur hip-hop, un équilibriste, un acrobate et un clown pour une traversée en clair-obscur de drôles d’états-limites. De splendides tableaux baignés d’ambivalence et de solitude, pour cinq portraits déroutants d’humanité. 

 

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